お花見パーティ:Sous les cerisiers en fleurs, « c’est à boire qu’il nous faut! »

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Image du ohanami (ou « contemplation des fleurs de cerisier », traduction littérale) en France, plantons le décor: un grand parc ou jardin (au choix et bien vert et propre de préférence), une allée de cerisiers en fleurs d’où tombent harmonieusement des pétales de fleurs allant du blanc immaculé au délicat rose pale. Rajoutons en fond un Mont Fuji aux contours flous perdu parmi les brumes dans le lointain et à mi-plan, dans l’allée formée par les arbres, une geisha tenant élegamment une ombrelle de sa main droit et se penchant avec grâce pour ramasser une fleur de cerisier tombée intacte sur le sol soupoudré de minuscules pétales de cerisiers… Que c’est beau, je peux presque ressentir la japonitude du tableau… Yokoso Japan!

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Je dis presque, parce que ca n’est certainement pas le ohanami auquel j’ai pris pard qui m’aidera à concrétiser cette image. Organisée par mes soins, cette fête était prévue pour le 31 mars. Première surprise: alors que quelques jours auparavant je téléphonne à un ami japonaispour lui demander la localisation exacte de l’inokashira kouen, il me demande de combien d’heures je compte être en avance. Hum… Mais pourquoi donc, lui demandai-je (en japonais bien sûr). Et là il m’explique que si nous voulons espérer pouvoir nous asseoir il serait sage d’arriver 4h à l’avance pour réserver un emplacement pas trop loin des cerisiers, de préférence. Etant dans un bon jour, je n’émet aucun commentaire et recrute une amie pour me tenir compagnie. Ajoutons que ce dit amis japonais me recommande de ne pas oublier les ブルーシート (buruushiito). Ce qui me plonge dans la plus parfaite perplexité. Après la gaffe du temps d’avance, je préfère ne pas me ridiculiser de trop et fait celle qui sait de quoi elle parle. Ce qui ne résoud pas le problème. Ecrite en katakana cette expression vient d’une autre langue, certainement de l’anglais, mais sera écrite avec une prononciation japonaise. Réflechissons. burushiito… buru shitto. buru… (pas de l en japonais) bulu… (en japonais jamais deux consonnes de suite) blu… blue! Bleu! Ok pour la première partie. shitto… (shi =si) siito (ii donc i long en anglais)… seato (un mot ne se finit jamais par une consonne en japonais)… seat! Blue Seat! Yatta! Un siège bleu. Les japonais s’asseoient-ils traditionnellement sur un siège bleu pour le ohanami? Et comment transporter 25 sièges??? Bon, Morita ayant dit qu’on pouvait les acheter près de la gare de Kichijouji, près du parc, je remet la chose à plus tard.

 Jour J. Avec Eliska (mon amie Tchèque qui a eu la gentillesse de m’accompagner), nous nous rendons sur les lieux. Deux amies doivent nous rejoindre une heure après, et le reste à 6h30. Arrivées à la station à 3h30 (oui 4h d’attente, c’est vraiment trop, impossible), et ne voyant pas de sièges bleus en vente, nous continuons en pensant demander à nos deux amies d’en acheter. Après un examen approfondi du plan de quartier et le chemin parcouru jusqu’au parc, nous appercevons enfin les cerisiers en fleurs.Leur cime du moins. Parce que le reste est caché par la foule des familles, amoureux, enfants, chiens et poussettes en tous genres qui se trainent (la fleur de cerisier se regarde dans le calme, ce qui implique une démarche LENTE) dans les allées et même, ô sacrilège! sur la pelouse!! Du jamais vu depuis que je suis au Japon. J’en suis toute tourneboulée.

Nous nous promenons donc dans un parc bondé, en espérant trouver un petit coin ou nous asseoir. Tous les japonais sont assis sur de grandes bâches bleues. Et là, le déclic se fait! Bleues! les bâches sont bleues et on pose ses fesses dessus, c’est ça, les burushiito! Et nous n’en avons malheureusement aucune… En continuant notre quête du m² libre, nous repérons une bande de jeunes japonais (groupe assez conséquent), sur le départ. Soucieuses de montrer aux éventuels intéressés que nous réservons dès maintenant cet emplacement, nous restons à proximité en les observant fixement remballer. Ils plient leur buruushiito… Que vont-ils en faire? Le jeter?… Oserions-nous….? Oui! Eliska ose! Elle se dirige vers un des garçons et lui demande poliment si on peut leur racheter leur bâche. Précisons qu’Eliska est grande, mince et très jolie, et que pour la circonstance elle portait un superbe kimono d’été en soie rose à imprimés de fleurs et d’oiseaux. Ebloui par tant de beauté (sûrement), le jeune homme lui propose d’accepter ce modeste cadeau qu’est le buruushiito (bon, d’accord il ne le dis pas exactement comme cela, mais c’est l’idée). Le reste du groupe nous aide même à le déplier. En échange, ils nous demandent… des photos avec eux!!! Nous nous empressons d’accepter ce marché qui nous est très favorable. Et les japonais repartent avec leurs photos, brandissant leur appareil photo et lancant le cri de la victoire, « Yatta! »

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Je ne vous embêterai pas plus avec des détails surement inintéressants à vos yeux. Sachez juste que comme toute fête japonaise étudiante qui se respecte, il y avait (vraiment) beaucoup (trop?) d’alcool, qu’accompagnaient des brochettes et autres spécialités cuinaires nippones et qu’à la fin du ohanami (10h, après ca dérange les japonais qui vivent alentours), les cerisiers n’importaient plus vraiment, la plupart ne pouvant même plus distinguer le tronc d’arbre, alors la fleur…

 

奉士園100th anniversary: le Fashion Show

Avez-vous déjà rêvé d’être manequin? Eh bien moi je l’ai fait!… Quoique contre mon grès et dans des circonstances un peu particulières. Revenons en arrière. Début octobre, avec Lucile et Sabrina nous remarquons une affiche qui dit « Fashion Show: inscrivez-vous et défilez dans la tenue traditionnelle de votre pays. S’inscrire avant le 12 octobre ». Nous nous sommes bien moquées,avons fait remarquer que seuls des idiots aimant le ridicule pouvaient accepter de faire cela, et avons oublié la dite affiche.

Fin octobre, aux alentours du 20. J’entre dans le hall de Hoshien pour passer voir ma boîte aux lettres quand je rencontre Caroline, une française. Bien évidemment, entre nous, nous parlons français. Bien mal nous en a pris! Nous n’avions pas si tôt ouvert la bouche que la dame de l’accueil nous tombe dessus: « フランス人?! » (Vous êtes français?). Après que nous avons répondu par l’affirmative, elle s’extasie et nous dit que justement, elle cherchait des français pour le fashion show, pour représenter notre beau pays et patati et patata… Nous essayons de nous esquiver mais peine perdue! Elle prend nos noms et nous remercie de nous dévouer pour la cause du fashion show! Horreur! Me voilà embarquer dans cette histoire!

Décidée à ne pas sombrer seule, j’y retourne le vendredi 31 octobre avec Sabrina. La dame de l’accueil est enchantée de trouver une autre française bien sûr (sachant que Caroline m’avait laché pour cause de chute et douleurs…) et prends nos noms ainsi que nos numéros de chambre. Et là Sabrina fait comme moi, elle décide de ne pas se laisser embarquer seule dans cette galère et nous inscrivons donc Lucile sur la feuille. Mouhahahahaha! Et là, nous avons un problème: le défilé est dans deux jours et nous n’avons aucun costume traditionnel…

Après plusieurs minutes (quand même) de réflexion intense, nous décidons de nous costumer en cliché français, sur le thème du café parisien. Lucile, qui avait trouvé terrible que nous l’ayons incrite sans son consentement, nous jette un « Je suis la dame pancarte, je ne fais rien d’autre!!! Je tiens la pancarte! ». Elle tient donc la pancarte « café bistro », habillée d’une robe noire à pois blancs, très french attitude. Sabrina joue le française typique, habillée d’une robe noire et d’un bérêt, une baguette (qui soit dit en passant nous coûte quand même 2,50€) et le journal Le Monde (qui date de l’avion qui nous mena de Paris à Tokyo) sous le bras. Quant à moi je suis la serveuse,mini-jupe et chemise noires, bérêt et tablier (en réalité taie d’oreiller nouée à la taille par un bandeau de baseball Waseda, mais personne n’en sait rien donc ca va), portant un plateau sur lequel on peut voir des croissants, un pain au chocolat (achetés par nos soins), une bouteille de (mauvais) vin (gracieusement offerte par Takumi) et une Tour Eiffel (en fait bouteille de parfum souvenir acheté sur les bords de Seine par une dame de l’accueil qui nous en a gentiment fait le prêt). Messieurs dames, voici la France!

Et nous nous retrouvons donc dans ces tenues, le lundi après midi, entourées d’étudiants en costume traditionnel… Heureusement que les Etats-Unis étaient là, tous en jean: nous n’étions donc pas les pires. Et le défilé commence! Nous avions répété la veille avec les organisateurs pour savoir exactement où nous placer et avions répété cela à Lucile une dernière fois lematin même (elle n’arrivait pas à s’en rappeler). Et contre toute attente, nous avons fait un tabac! (C’est le cas de le dire, nous sommes un bistro tabac,haha…) Je m’explique: tous les pépés pervers du premiers rangs semblaient plutôt heureux de voir défiler des françaises en robes courtes… Nous lançons finalement un « Bonjour » avant de descendre les escaliers et de prendre le tapis rouge (en tout cas Sabrina et moi puisque Lucile a tourné en rond quelques secondes, affolée et perdue, avant de comprendre que le tapis rouge était fait pour que l’on marche dessus…).

 

 D’autres shows ont suivi, comme la danse traditionnelle japonaise par exemple:

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Après le défilé, nous avons du subir la scéances photo, avec le journalistes de Hoshien (en fait le gérant de je ne sais plus quel étage) qui nous a littérallement mitraillées.

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Et voilà pour nos débuts dans le maquinat!

早稲田祭: Waseda sai ou le festival de Waseda

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Vous rappellez-vous de ces kermesses que l’on organisait en primaire? Avec des stands, de la nourriture et 2 pelés 3 tondus? Et bien mettez cela à l’échelle des 5O OOO étudiants japonais déchainés de l’université japonaise la plus réputés pour ces clubs, cercles et fêtes, et vous obtenez le Waseda sai. Le meilleur mot pour le décrire est sans hésitation « bondé ».

En arrivant on ne sedoutait pas qu’il  nous faudrait nous frayer un chemin à travers le flot de japonais. Flot qui d’ailleurs nous emportait, qu’on le veuille ou non. Chaque petit passage du campus avait été envahi par les stads de nourriture ou les scènes en pleine heure. Précisons que Waseda compte 5 campus différents et plus de 30 batiments d’au moins 5 étages chacun, avec une vingtaine de pièces par étage. Toutes étaient occupées par les clubs. A côté, les pauvres petits festivals de lycée que l’on peut observer dans les animés c’est de la gnognotte.

Et pourtant! Quel ordre, quelle organisation! Sur les campus et dans toutes les rues avoisinantes, on pouvait trouver les régulateurs du Waseda Sai. Ce sont des étudiants volontaires, avecun joli uniforme rose traditionnel qui veillent à ce que tout se fasse dans l’ordre et avec discipline. Ils portent des batons luminescents pour faire traverser les gens et faire s’arrêter les voitures, et ils veillent à ce qu’on puisse toujours circuler, en dressant des barrières de cordes autour de chaque scène. Si l’on est pas à l’intérieur de la zone définie par la barrière, on circule! Interdiction de s’arrêter. Très japonais! En France, tout le monde se serait simplement étalé, bloquant des rues entières (ce qui m’est arrivé et que j’ai trouvé très désagréable lors de la gay pride à Paris). Le Japon est tout bonnement fantastique!

Voilà un exemple de « régulateur »

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Dailleurs, il y avait tellement de stands de nourriture que je n’ai absolument pas été capable de résister… Je suis un être faible face à cette tentation qu’est la nourriture… J’ai donc mangé, ou plutôt devrais-je dire englouti, un tacoset (takoyaki dans un faux tacos), deux galettes-de-je-ne-sais-quoi-qui-ressemble-à-de-la-pomme-de-terre-made-in-niji-no-kai, une sorte d’okonomiyaki roulé, des vrais tacoyaki, un dessert melant bananes, glace et cornflakes ainsi que des beignets de je ne sais quoi. C’était très bon! J’étais l’attraction de Jenny et Yuusuki, les deux amies avec lesquelles je suis allé au festival, qui trouvaient très drôle que toute cette nourriture puisse disparaître dans ma petite personne…

Voici un exemple de stand de nourriture customisé. Ici, Lady Oscar:

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Passons maintenant aux différentes « attractions »

Nous sommes d’abord passé par les incontournables: danse écossaise, indienne, syrienne… et bien sûr japonaise! Un grand moment! C’est une danse très bizarre, qui ressemble plus à du sport, et que tous les japonais connaissent puisqu’ils l’apprennent en primaire à des fins spectacales pour parents!

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En nous dirigeant vers le grand auditorium nous avons aussi pu admirer les cheerleaders. Et là vient le plus intéressant: devant l’auditorieum ce sont les filles cheerleaders, les traditionnelles si j’ose dire, mais un peu plus loin, nous tombons sur leurs équivalents masculins! Magnifique! Le seul inconvénient étant que tous cesmessieurs semblaient d’une taille assez réduite. Mais leur performance vaut le détour. Je vous laisse regarder:

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Nous sommes ensuite allés dans le bâtiment 3ème étage classe 203, car c’est là qu’était mon club, le Waseda Illumination Project. Nous avions formé pour l’occasion un partenariat avec le cercle de koto, de lamusique traditionnelle japonaise, et voici le résultat:

monclub.jpg  La décoration est de nous, ainsi que les petits carrés illuminés sur la gauche, que j’ai aidé à fabriquer! Et le club de koto utilisait notre décor pour jouer de la musique (au fond un droite). Voici une vidéo, pour ceux qui n’ont jamais entendu cette musique:

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Voyant sur le programme qu’il existe des clubs demusique jazz,nous en prenons la direction. La musique était vraiment géniale, mais en entrant nous avions déjà remarqué un attroupement devant la salle, pour un autre club, sans y faire attention. Par contre en sortant du concert nous avons pu étudier le phénomène plus en profondeur:

avion2.jpg avion11.jpg Une idée de ce que cela peutêtre? Non? Et bien c’estun concours de lancé d’avion en papier. Le club du lancé d’avion en origami… Le plus impressionnant c’est encore la foule enthousiaste qui s’est réunie pour voir le concours. Ils sont fous ces japonais!

 pokemon2.jpg ppokemon3.jpg  Bon ne me demandez pas pourquoi, mais le campus était également hanté par des pokemons… Célébrités japonaises visitant incognito le festival je suppose…

En nous dirigeant vers la sortie nous avons également pu voir de la danse traditionnelle chinoise et aussi (pour ne pas dire surtout) admirer bouche bée les beaux danseurs chinois:

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Danse suivie, on ne sait trop pour quelle raison, d’un grand n’importe quoi:

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Et enfin, dans la rue adjacente à l’auditorium, nous sommes tombés sur les chanteurs de l’hymne de Waseda, tous très enthousiastes et particulièrement le garçon sur la photo à droite:

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Signalon également qu’au cours de cette journée nous nous sommes faites aborder par pas moins de 6 japonais dont la phrase introductive ne variait guère « Do you speak japonese? » Les japonais ne doutent de rien… Enfin c’est quand même assez flatteur!

Et finalement nous sommes rentrées à Hoshien, guidées par les batons luminescents des régulateurs de Waseda.

 

早慶戦: Waseda vs. Keio

Pour aller au match, il a d’abord fallu acheter les tichets. Je l’ai fait avec Georgina, au 4ème étage du bâtiment 22 (en gros celui des étudiants étrangers ou des japonais étudiant en japonais), deux semaines en avance. Le match Keio Waseda est l’évènement sportif leplus populaire de toute l’année à l’université de Waseda. Waseda et Keio sont les deux meilleures universités privées de Tokyo, et pour dire ca simplement, ce sont aussi d’éternelles rivales. Laissez moi vous donner un exemple. J’ai une amie qui est actuellement en échange à Keio et qui a pu me renseigner sur la situation là-bàs. Au discours de bienvenue en septembre, le directeur a bien rappelé à tous les élèves que Keio a derrière elle 150 ans d’ancienneté, alors que Waseda n’en a que 125, et a bien insisté sur lefait que les étudiants de Waseda étaient des fétards invétérés et des alcooliques irrécupérables alors que ceux de Keio étaient autrement plus huppés et sérieux… On trouve également dans la boutique de Keio (chaque université en a une, avec de nombreux goodies aux couleurs locales), des T-shirts indiquant: 

           慶応(Keio): 150

           早稲田(Waseda): 125 だけ(seulement) 

Référence à l’ancienneté de l’université… Tout cela pour dire que ce match est un évènement majeur. Les billets que nous avions pris nous donnaient accès à une sorte de tour, organisé par Niji no kai, un club qui s’occupe des étrangers. On devait donc se rencontrer à la station de métro la plus proche du stade à 7h3O. Le match devait commencer à 13h. Si vous savez compter cela fait 5h30 d’attente, et tout cela  pour du baseball. Encore heureux que ce soit un sport que j’aime à la base! 

Et maintenant permettez que je vous décrive l’état dans lequel j’étais au moment de me rendre au fameux match. La veille vers 10h, j’étais allée, en compagnie de Sabine au Hub, un bar très populaire parmi les étudiants de Waseda, et plus tard Shin (un ami japonais) et ses amis nous avaient rejoint au 富山公園 bar (Toyama Park), avec de l’alcool bien évidemment. Alors qu’au départ je ne comptais rester qu’une ou deux heure, de fil en aiguille il s’est avéré que j’ai finalement passé le seuil de ma chambre… A 6h du matin. Or il me fallait être en bas, au rendez-vous avec Yuusuki et Jenny pour aller au match, à 6h30. J’ai donc eu le temps de prendre une douche et d’avaler un oeuf dur et du riz au curry en vitesse, de chercher mes clés que j’avais jeté Dieu sait où dans ma chambre mais pas plus. Et encore, je suis arrivée en bas avec 10 minutes de retard, french attitude oblige.   Vous pouvez donc imaginer que je n’étais pas forcément très fraiche. Nous avons pris le métro pendant environ 15 minutes, avec un changement, avant d’arriver, un peu en avance, au rendez-vous de 信濃町(Shinomachi). 

Autant le dire tout de suite, les premières heures d’attente ont été terribles, je chancelais sans arrêt, ne pensant qu’à dormir. Pendant la file d’attente à l’extérieur nous avons eu l’occasion de parler aux deux supporters en chefs de l’équipe de Waseda, qui voulaient nous vendre une serviette Waseda pour l’agiter en même temps que nous chantions. Sur le coup nous trouvions cela un peu stupide. Heureusement nous avions acheté de quoi nous restaurer pendant cette interminable attente… 

3 heures plus tard nous sommes finalement entrés dans le stade. J’ai enfin pu m’asseoir!  O bonheur! Et encore deux heres et demi d’attente mais rythmées cette fois-ci!

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Et même les garçons se joignent à la démonstration:

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Les cheerleaders et les supporters faisaient leur numéro ( à la perfection soit dit en passant) et là, nous avons réellemnt compris le sens profond de la serviette! Tous les étudiants de Waseda l’agitaient, nous étions complètement à côté de la plaque. La seule solution a été pour Georgina et moi de courir en acheter une.

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A partir de ce moment nous faisions vraiment parti du groupe! D’autant plus que quelques jours plus tôt Takumi nous avaient appris la chanson! Ce qui m’a vraiment étonné c’est qu’à un moment donné les supporters et cheerleaders ont changé de camps: nous avons pu avoir ceux de Keio dans la loge de Waseda, et tout les étudiants de Waseda connaissaient par coeur l’hymne de Keio et vice versa. J’ai trouvé cela très fair play.

Voici les loges de Waseda (l’ours) et Keio:

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Et ensuite le match a vraiment commencé, nous sommes passés aux choses sérieuses. La foule était absolument déchainée. Georgina et moi avons pu nous joindre allègrement aux festivités. Ce qui m’a beaucoup étonné c’est que tout est très codifié. Il y a plusieurs hymnes, plusieurs rythmes, accompagnés de cetains mouvements de serviettes et de cônes en carton, le tout régulé par les supporters en ches de Waseda, habillés de noir et nous faisant face. Un des slogans étaient homuraun, répété inlassablement. Je me demandais ce que cela pouvait bien vouloirdire quand tout d’un coup j’ai compris: il ne s’agissait ni plus ni moins que de la prononciation japonaise de « homerun »… 

Voilà le fameux « homerun » et le slogan complet en gros c’est « homerun, homerun, à mort keio »!

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En tout cas après 3heures (quand même) de jeu, et de stress intense (en tout cas pour moi, car je suis très fière de mon université d’accueil et je ne voulais pour rien au monde que ces immondes (pardon Nadia) Keiosards gagnent face à nous!) Waseda a gagné 3 à 1. Vive Waseda! Je croyais que c’était fini,que neni! Il a encore fallu une demi heure de réjouissance, de chansons codifiées (alors que les rangs des supporters de Keio, eux se vidaientpeu à peu), sans compter la télé qui était venue spécialement pour interviewer les joueurs de Waseda.

Le drapeau de la victoire et l’interview du joueur de Waseda:

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En résumé, une excellente expérience! 

早稲田の歌: Réception, et surtout hymne, à Waseda

Nous avions reçu le mois dernier une invitation à une réception organisée par le président de l’université, à laquelle nous avons bien entendu décidé de participer. Déjà par respect pour le Président, puis pour assister à une réception officielle, mais aussi et surtout parce que l’on meurre de faim dans ce foutu pays et que la nourriture est gratuite à la réception!  Entendons-nous bien: j’aime beaucoup la nourriture japonaise. Mais déjà les prix de la nourriture sont exhorbitants et en plus le riz ca va 5 minutes.

Passons à un autre aspect de cette réception. Rien que le fait que cela s’appelle « réception », suggère que l’on soit bien habillés n’est-ce pas? Si l’on ajoute à cela le fait que c’est une « réception OFFICIELLE dirigée par le président de l’université », je crois que cela veut dire que l’on doit sortir la tenue de soirée. C’est en tout cas ce que nous français (Lucile, Sabrina, Guillaume et moi) avons compris. Malheureuseument nous étions aussi les seuls à l’avoir compris. Ce qui fait que nous nous sommes retrouvés à la fête, sur notre trente-et-un, entouré d’étudiants en jeans… Mais les officiels de la soirée étaient en costards! Et cela nous aura donné encore une fois l’occasion de montrer au monde entier (en l’occurence les étudiants étrangers) que la french attitude a la classe.

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Point de vue nourriture nous n’avons pas été déçus: les tables regorgeaient de sushis, de nouilles sautés, de sandwich, de beignets de légumes et de calamars, de choux à la crème, de fruits (denrée rare et luxueuse au Japon) et j’en passe. Je ne pense pas avoir jamais autant mangé de ma vie.

Question divertissement, nous avons eu droit d’abord au discours du doyen. Et là surprise, personne, et surtout pas les étudiants japonais, n’écoute!! Alors que j’écoute le discours (je ne peux pas dire pour autant que je le comprends, mais il constitue un agréable bruit de fond pendant ma mastication), une femme du staff passe devant moi et je l’entends dire: « やっぱりだれも聞いていないよ! », ce qui signifie: « comme je l’aurais parié, personne n’écoute ». Charmant! Ceux qui ont lu Ni d’Eve ni d’Adam d’Amélie Nothomb, vous pourrez avoir le plaisir de comparer cet épisode au moment où elle fait un exposé sur la bière belge devant les amis de son petit ami! Je trouve le rapprochement parfaitement adéquat!

Nous avons également pu assister à de la danse traditionnelle japonaise, qui fait très supporter: le bunsan.

Et maintenant place au meilleur moment de la soirée: j’ai nommé l’hymne de Waseda! Mélange d’exercice militaire et de chant patriotique, doublé de gesticulations pesantes qui laissent à penser que si par malheur vous décidiez de ne pas soutenir l’université de Waseda, vous vous exposeriez à de lourdes conséquence. J’avais une envie folle de leur crier « Présenteeeeeeeeeez  Armes! », phrase qui aurait parfaitement correspondu à l’ambiance du moment. Takumi, qui était juste à côté de nous était complètement immergé dans le chant de l’hymne, si je puis dire. Chantant à pleins poumons, connaissant tous les couplets par coeur, il agrémentait sa performance d’un va-et-vient du bras tendu entre la gauche de la poitrine et le ciel. Magnifique!

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Voici Takumi:takumi.jpg

 

Barbecue japonais

Ce barbecue, ca faisait une semaine qu’on en parlait! J’avais eu le temps de m’imaginer un parc luxuriant, une rivière à l’eau vive et claire, un immense barbecue emplie de flammes qui doreraient de bonnes entrecôtes!! Mais non. En arrivant nous découvrons une espèce de nature pelée bordant une rivière huileuse jouxtant une zone plus industrielle que naturelle avec un magnifique pont en ferraille surplombant le tout… Et bien sûr pas d’entrecôte…C’est ce qu’on appelle une déception…

Mais enfin c’était quand même très sympathique, nous avons pu faire la connaissance de charmants japonais, et goûter les joies des légumes et du bacon grillé!

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L’odyssée de la nageuse ou la maison de fous façon Astérix et Obélix

La piscine est un élément central de ma vie. Il se trouve que quand je fais du sport, je deviens instantanément, et ce même si je ne suis pas au-delà de mes (maigres) limites, rouge. Je dirais même rouge brique. Ce qui est assez embarrassant, surtout quand l’entraineur de la salle de gym est un fringuant japonais musclé. Or, ce petit désagrément ne m’arrive pas lorsque le sport pratiqué est la natation. Me faire une carte à la piscine de Waseda devient donc un impératif. Mais pour cela, je dois d’abord obtenir la carte de santé! Si vous avez bonne mémoire, vous vous rappelez que j’avais déjà passé moult examens. Mais cela ne suffit pas lorsqu’on veut aller à la piscine! Il faut AUSSI un examen du cœur… Les japonais n’aimeraient surtout pas porter la responsabilité de notre mort s’il s’avérait que l’on se noie après une attaque cardiaque…

Je crois me rappeler que pour passer cet examen il suffit de payer 1300 yen et de passer au centre médical de l’université. Pour être sure de ne pas y aller pour rien, je passe avant au 4ème étage du bâtiment 22 (accueil des étrangers, où, je précise, on ne parle que japonais). Et là, on m’apprend que すみません, que non ca n’est pas possible, qu’il faut aller à l’hôpital et payer 1500 yen et que bla bla bla et que les horaires sont compliquée et que bla bla bla… Là je commence à être légèrement agacée. Avant de me lancer dans cette longue démarche je décide quand même d’aller vérifier au centre hospitalier par moi-même (je suis particulièrement fière de ce passage puisque j’ai réussi à trouver seule et sans aucune aide et surtout sans me tromper, le chemin qui mène au centre médical de Waseda).

J’entre dans l’accueillant bâtiment grisâtre et me retrouve dans une sorte de hall, avec absolument personne… Me livrant à une brève réflexion, je décide que lire les kanjis sur la pancarte en face de moi est la meilleure (quoique pas la plus facile) des choses à faire. 5 minutes, plus tard (ce qui est un records de vitesse pour lire deux lignes et demi), je comprends que le centre est au 2ème étage (qui correspond à notre 1er étage puisque les japonais n’ont pas daigné inventer le rez-de-chaussée). Je gravis donc les escaliers et entre dans une salle d’attente. S’apercevant de ma présence, une infirmière me demande ce qu’elle pourrait faire pour mon m’aider. J’explique ma situation, et elle me dirige vers le 4ème étage. Déjà merci le 4ème étage du bâtiment 22: heureusement qu’ils m’ont dit que c’était impossible, j’ai failli les écouter…Une fois au 4ème du centre médical, nouveau guichet. Re-expliquation. On me demande le papier qui m’autorise à passer l’examen… Quel papier?! Pour l’avoir, m’annonce-t-on, il faut aller au cinquième étage. Au 5ème, on me prend ma carte d’étudiant et ma carte de santé et me demande 1300 yen. Je sors mon porte monnaie mais l’infirmière m’arrête et m’explique qu’ici on ne peut payer qu’avec des tickets que l’on achète au distributeur automatique du 2ème étage. Légèrement  excédée, je retourne au deuxième et achète un ticket. De retour au 4ème étage j’obtiens enfin le sacro saint papier qui me permet d’accéder à l’examen du 5ème étage.

Acceptée! C’est bon! L’infirmière me demande de laisser mon sac à l’entrée et me fait entrer dans une cabine fermée par un rideau, me demandant de me déshabiller, d’enlever une chemisette, de m’étendre, et de l’appeler à ce moment là. « Oh que c’est bien! » me dis-je, « que les japonais sont prévenants, et respectent ma pudeur! Maman avait raison quand elle me disait que les médecins japonais respecteraient surement plus mon intimité que les médecins français »… Hahaha! Respect de l’intimité tu parles! Je n’ai pas plutôt appelé l’infirmière qu’elle ouvre toute grande ma chemisette pour m’accrocher des pinces à la poitrine! Si c’était pour ce résultat, j’aurais autant aimé qu’on ne me demande pas de mettre une chemisette!!! Ca m’aurait évité les faux espoirs!

Enfin il n’empêche qu’elle m’annonce que tout va bien et que je peux retourner au 4ème étage où je récupère ma carte de santé tamponnée et ma carte de l’étudiant. Mission réussie donc. A moi les joies des sports aquatiques!

銀行: suite et fin

Cette fois-ci, je suis bien décidée à vaincre l’institution bancaire japonaise! Ayant entendu dire que Mitsubishi est une banque certes japonaises, mais possédant des filiales à l’international, je me dis qu’ils seront avec un peu de chance plus ouverts d’esprit et décide de m’y rendre. Il y a justement une enseigne de Mitsubishi juste à côté de Hoshien. Arrivée là j’entre, ce qui me permet de m’apercevoir qu’lil n’y a dans la place que des distributeurs et pas un seul être vivant… Décidée à ne pas abandonner, j’avise un policier juste devant, et lui fait comprendre après bien des efforts linguistiques et gestuels que j’aimerais savoir où se trouve la banque réelle, et non pas le hangar à distributeurs… Très aimable et surtout très patient il m’indique la direction de la gare, et me dit qu’une fois arrivée là je dois la longer sur la droite pendant une vingtaine de mètres. Je me rends donc à 高田馬場 (Takadanobaba, la station de JR (Japan Railway) la plus proche de Waseda).

Je trouve la banque sans encombre et entre dans l’antre de la bête. Avisant une employée de la gare (reconnaissable avec sa tenue rouge et grise façon hôtesse l’air terrestre) je lui demande s’il est possible d’ouvrir un compte. Elle me dirige vers le deuxième étage. Je prends donc l’ascenseur, avec un charmant vieux monsieur qui me dévisage comme si j’étais le diable blanc en personne, et arrive dans une pièce spacieuse contenant 4 alcôves qui sont en fait autant de guichets. Je demande encore une fois mon chemin et là surprise! On me donne un papier à écrire et me donne un numéro en me priant de bien vouloir patienter quelques minutes. N’osant y croire, je précise que je n’ai pas ma foreign registration card et que je n’habite pas le Japon depuis six mois. 大丈夫です(ca ne fait rien) me répond-on! J’en pleurerais de joie! Je remplis donc le formulaire, avec l’aide spontanée d’une employée japonaise lorsque le besoin s’en ressent, attend 15 minutes, passe au guichet, tamponne deux trois trucs avec mon stamp et retourne patienter. Dix minutes plus tard on me rappelle pour me donner mon livret (en me faisant gentiment choisir entre le livret classique et celui agrémenté de personnages Disney… Je me demande si on le propose aussi aux hommes d’affaires celui-là) et me dire que je recevrai ma carte dans une semaine à mon domicile, sachant que je peux d’ores et déjà faire des virements internationaux. Cette question des virements internationaux éveillant un souvenir dans mon esprit, je demande l’adresse swift de la banque et mon numéro Iban. Et là c’est le drame… L’employée me regarde d’un air effaré, me disant qu’elle ne sait absolument pas ce que c’est que ce numéro. Elle appelle une puis deux de ses collègues, qui ne savent pas non plus. Elles décident donc d’appeler le grand chef de service, qui se révèle tout aussi ignorant. J’ai donc à mes pieds tout le personnel de la banque qui s’excuse… Très gênée je leur dis que ce n’est pas grave et repars quand même vainqueur de cette grande odyssée!

J’apprends plus tard dans la journée, après quelques recherches, que le numéro Iban est une convention européenne et que ce sont donc les banques françaises qui sont les imbéciles dans l’histoire, à demander une convention européenne à des japonais…

銀行: Banque, deuxième round

Si vous vous rappelez bien (et donc si vous retenez un tant soit peu ce qui se dit sur le blog ^^) j’avais déjà essuyé quelques échecs auprès des banques japonaises et avais décidé de patienter jusqu’à la séance proposée par la Resona bank, qui a un partenariat avec l’université de Waseda. Je me retrouve donc le 1er octobre à Waseda, prête à ouvrir mon tout nouveau compte en banque. J’arrive au 5ème étage, comme indiqué sur le prospectus. Première surprise! Le lieu a changé, direction le 8ème étage. Une fois là haut, deuxième surprise! On peut certes demander aujourd’hui l’obtention d’un compte en banque mais il faudra patienter trois semaines pour que le compte soit ouvert et quatre pour pouvoir effectuer des virements internationaux… Etant donné la dégradation à vitesse grand V de la situation financière mondiale et particulièrement du change euroo / yen (pour faire simple, je deviens désespérément pauvre), je ressors furieuse, décidée à trouver une autre banque par moi-même et à ouvrir un compte avant deux jours!

Pour résumer, c’est un nouveau game over…

Yukata et sandales japonaises

                         mevoici.jpg

Plutôt que de vous fair e un long discours, je vous laisse admirer ma gracieuse personne dans un yukata traditionnel japonais (qu’on a eu la bonté de me nouer, ce dont j’aurais été bien incapable moi-même), ainsi que de magnifiques sandales japonaises en paille de ma confection!

Voilà les différentes étapes de la confection de sandales japonaises:

       confectiondesandales.jpg       rsultat.jpg         etvoillersultat.jpg

Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, la dernière photo c’est le produit fini.

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Anne-France Mattlet

Anne-France Mattlet

早稲田大学

早稲田大学

De Sciences-Po à Waseda

Avis aux sciencesposards, ou autres, pour qui le Japon semble la destination idéale! Sachez que ce n'est qu'après bien des déboires que je me retrouve (enfin) au Pays du Soleil Levant. Aprés avoir erré des mois dans les couloirs du Centre Asie, du boulevard St Germain à la rue de l'Université, reçu de fausses informations ou pas d'information du tout, et manigancé quelques coups bas pour m'assurer de ma place ici, j'ai finalement passé (seule) l'épreuve de l'inscription dans l'université japonaise. Dans mon immense bonté, je me ferai un plaisir d'aider quiconque tentera de surmonter cet obstacle. Donc si vous avez des questions auxquelles aucun service de Sciences Po ne peut répondre, n'hésitez pas à m'envoyer un message!

Un an au Pays du Soleil Levant

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